Le mot du directeur

 

Hervé-Synvet

Le diplôme d’études approfondies de droit des affaires de l’Université Paris II a été créé par le professeur Paul Didier. J’ai eu l’honneur de succéder à cet éminent commercialiste dans la responsabilité du Master II recherche. Ma préoccupation première est de maintenir une organisation qui a fait ses preuves : on oublie trop souvent qu’en matière de diplômes, l’écoulement du temps et la constance dans les choix essentiels font beaucoup quant à la réputation.

L’objectif poursuivi à travers le Master II recherche de Droit des Affaires est simple ; il s’agit de former des juristes de haut niveau qui, pour la plupart, ont vocation à exercer leur activité au sein des entreprises et des cabinets qui les conseillent. On mesure là l’inanité, dans ce champ disciplinaire, de la distinction qui veut opposer formation à la recherche et formation technique. Le Master II recherche de droit des affaires a pour ambition d’insérer dans la vie professionnelle (ce qui n’exclut pas la carrière universitaire) des têtes bien faites, aptes au vrai raisonnement juridique et non pas à la simple mise en oeuvre de recettes, et susceptibles d’être opérationnelles dans un délai raisonnable : en somme, répondre de façon réaliste à des besoins et non « faire de l’art pour l’art ».

Sur cette base, la réussite dépend de la conjonction de trois facteurs.

Il faut, tout d’abord, que les étudiants accueillis au sein du Master II recherche soient, dès le départ, d’un bon niveau et forment une communauté homogène. C’est pourquoi ils sont choisis avec soin et doivent satisfaire à des critères exigeants (on appelle cela, en bon français, la sélection). J’entends poursuivre, à l’avenir, une politique de recrutement qui privilégie la qualité et non la quantité.

Ensuite, la réussite est fonction des talents et de la motivation de l’équipe de professeurs qui prend en charge les divers enseignements du Master II recherche. On peut supposer qu’à Paris II le talent ne fera pas défaut. En revanche, l’enthousiasme et la cohésion sont le fruit d’équilibres plus fragiles. Ils existent aujourd’hui. Je ferai tout pour qu’ils demeurent.

Enfin, un diplôme, c’est aussi un programme d’étude. L’expérience à démontré la pertinence des choix effectués. Il y a deux piliers, qui constituent l’ossature du Master II recherche : tous les étudiants doivent suivre un enseignement approfondi (cours et séminaires) en droit des sociétés d’une part, en droit des contrats et garanties d’autre part. Pour le reste, la liberté prévaut ; chacun peut composer son propre programme en puisant dans la riche palette que propose l’université dans les diverses provinces du droit des affaires.

Le présent site internet -que l’on doit à l’efficacité d’une association qui se pérennise de promotion en promotion- témoigne du bien-fondé de la méthode. Il suffit de consulter la liste des anciens pour se convaincre de la réussite de leurs parcours professionnels. Cela crée un devoir: persévérer et, car il existe toujours une marge de progression, perfectionner.»

Hervé SYNVET

Hervé Synvet est professeur agrégé de droit privé et de sciences criminelles (concours 1981-1982). Il a exercé les fonctions de professeur successivement aux universités de Rouen (1983), Paris XI (1987) et Paris II (depuis 1991). Il est l’un des trois directeurs du Répertoire Dalloz de droit international, membre du Conseil National des universités et ancien membre du Haut Conseil de commissariat aux comptes.